CLUB DU
 BOULEDOGUE 
FRANÇAIS
 

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LA LUTTE CONTRE LES TARES INVALIDANTES :
LES ANOMALIES VERTÉBRALES

(Reproduction de l'article publié dans le Bulletin n°2, année 2006, du Club du Bouledogue Français, p. 31-34.)

Une étude pilote

Les malformations vertébrales sont décrites et redoutées dans de nombreuses races, mais le bouledogue français fait partie des races à risque qui payent un lourd tribut à ces anomalies. Afin de limiter la gravité des atteintes cliniques chez les chiens et de répondre au mieux aux attentes des propriétaires dans la race, une réflexion a été menée en collaboration avec le club de race pour mieux connaître, dépister, prévenir et, éventuellement traiter, ces anomalies. Il s’agit d’un travail ambitieux qui conduit à aborder la question d’un point de vu médical (dépistage et traitement), génétique (dépistage et sélection) et légal (vente des animaux porteurs d’anomalies).

De quoi s'agit-il précisément ?

Il convient tout d’abord de distinguer des anomalies vertébrales au sens strict (hémivertèbres, vertèbres en aile de papillon, spina bifida, etc.) de celles, généralement non congénitales, qui peuvent aussi engendrer des troubles locomoteurs d’origine nerveuse (hernie discale, instabilité, etc.). Les malformations vertébrales sont nombreuses et peuvent intéresser toutes les régions de la colonne vertébrale. Il paraît difficile de s’attaquer à toutes les anomalies en même temps. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons débuter une étude pilote s’intéressant aux malformations vertébrales les plus fréquentes, et souvent les plus graves, situées en région thoracique.

Quels sont nos objectifs ?

Nous souhaitons dans un premier temps établir une base de données permettant de mieux connaître la répartition de ces anomalies dans la race. Il existe pour l’instant des données controversées sur le sujet où des chiffres très alarmants sont publiés à côtés d’études ponctuelles portant sur quelques cas. Cette base de données permettra dans un premier temps de connaître la gravité réelle de la question avant de mettre en œuvre des réponses adaptées.

Une démarche individuelle et confidentielle

Nous proposons donc que soient réalisés des clichés radiographiques dans le cadre d’un dépistage. De manière similaire à ce qui a été fait concernant la dysplasie de la hanche chez le chien, il est vraisemblablement possible, par le dépistage, de limiter la fréquence de la maladie si une sélection des reproducteurs s’appuie sur cette mise en évidence des lésions. Cette sélection constitue une seconde étape. Elle peut également s’appuyer sur la mise en œuvre de tests génétiques, une fois la différenciation entre animaux sains et malades réalisée par dépistage.

En pratique

Les clichés peuvent être réalisés à partir de l’âge de 1 an chez votre vétérinaire habituel. Seule la colonne vertébrale thoracique sera étudiée dans un premier temps. Deux radiographies (face et profil) seront réalisées (sans anesthésie générale) puis adressées pour lecture au Professeur Moissonnier selon les modalités définies avec le Club.


MODALITÉS PRATIQUES D'EXPÉDITION
DES CLICHÉS DE DÉPISTAGE
DES ANOMALIES VERTÉBRALES THORACIQUES

Professeur Pierre MOISSONNIER
Service de Chirurgie
Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort
7, Avenue du Général De Gaulle
94704 MAISONS ALFORT cédex
Tel. secrétariat : 01 43 96 71 14
Tel. bureau : 01 43 96 71 16
pmoissonnier@vet-alfort.fr

Les radiographies seront réalisées par votre vétérinaire puis envoyées directement au Pr P. Moissonnier pour lecture (à l’adresse située en en-tête de cette lettre). Le club de race recevra un double de la lecture. Ces clichés seront réalisés à partir de l’âge de 1 an.

Contenant
 
Ne pas utiliser de tube en carton qui s’avère très difficile à manipuler vu le nombre d’envoi à traiter et à stocker. Utiliser de grandes enveloppes qu’il est possible de renforcer si elles ne le sont pas au départ. Prévoir une enveloppe identique pour la réexpédition (voir plus loin).

Placer dans l’enveloppe :

1) Les clichés convenablement identifié :
     • Nom du chien,
     • N° de tatouage ou identification électronique,
     • N° du LOF,
     • Sexe et date de naissance,
     • Nom du vétérinaire, date de prise du cliché,
     • Latéralisation du cliché (Gauche ou Droite) pour la vue de face,
Ces informations doivent êtres gravés dans l’émulsion. Tout rajout a posteriori est susceptible d’être contrefait et est donc non conforme.

2) L’attestation du vétérinaire certifiant conforme le contrôle du tatouage et précisant les modalités de réalisation de la radiographie (anesthésie générale, sédation, animal vigile),
 
3) La photocopie de la carte de tatouage,
 
4) Une enveloppe ordinaire timbrée à 0,5 euro à l’adresse de Mme la présidente du club de race,
 
5) Une enveloppe ordinaire timbrée à 0,5 euro à votre adresse,
 
6) Un chèque de 20 euros à l’ordre du Pr Moissonnier.

Aucune annonce du résultat ne sera traitée par téléphone.


RÉALISATION D'UNE ÉTUDE
SUR LES ANOMALIES VERTÉBRALES THORACIQUES
DU BOULEDOGUE FRANÇAIS

Professeur Pierre MOISSONNIER
Service de Chirurgie
Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort
7, Avenue du Général De Gaulle
94704 MAISONS ALFORT cédex
Tel. secrétariat : 01 43 96 71 14
Tel. bureau : 01 43 96 71 16
pmoissonnier@vet-alfort.fr

Chère Consœur, cher Confrère,

Un de vos clients, possesseur d’un bouledogue français, vient de vous contacter afin que vous réalisiez des clichés radiographiques sur son chien en vue du dépistage des anomalies vertébrales. Nous vous transmettons quelques informations pour que la réalisation de ces clichés puisse se faire dans les meilleures conditions possibles et nous permettre de recueillir les informations que nous recherchons. 

Objectifs

Les malformations vertébrales sont décrites et redoutées dans de nombreuses races, mais le bouledogue français fait partie des races à risque qui payent un lourd tribut à ces anomalies. Afin de limiter la gravité des atteintes sur les chiens et de répondre au mieux aux attentes des propriétaires dans cette race, une réflexion a été menée en collaboration avec le club de race pour mieux connaître, dépister et traiter ces anomalies congénitales. Nous souhaitons dans un premier temps établir une base de données permettant de mieux connaître la répartition de ces anomalies dans la race. Il existe pour l’instant des données controversées sur le sujet où des chiffres très alarmants sont publiés à côtés d’études ponctuelles portant sur quelques cas. Cette base de données permettra dans un premier temps de connaître la gravité réelle de la question avant de mettre en œuvre des réponses adaptées, notamment une sélection au sein de la race.

Conditions de réalisation des clichés

La colonne vertébrale thoracique sera examinée sous deux incidences : profil et face en décubitus dorsal). Afin d’éviter toute complication relative à l’anesthésie durant cette étude pilote, décision a été prise de ne pas réaliser les clichés sous anesthésie. Il faudra néanmoins s’efforcer de respecter les critères suivants.

Identification
 
Doivent figurer sur les radiographies les éléments suivants de manière indélébile dans la surface sensible du film :
     • Nom du chien,
     • N° de tatouage ou identification électronique,
     • N° du LOF,
     • Sexe et date de naissance,
     • Nom du vétérinaire, date de prise du cliché,
     • Latéralisation du cliché (Gauche ou Droite) pour la vue de face.

Vérification des critères techniques

Critères techniques de qualités de la radiographie :
     • superposition des paires de côtes,
     • visualisation de l’ensemble du rachis thoracique,
     • densité osseuse bien visible et fort contraste,
     • superposition des processus transverses lombaires,
     • superposition des processus articulaires thoraciques caudaux,
     • plancher et plafond du canal vertébral apparaissant sous la forme d’une seule ligne.
 
En vous remerciant pour votre collaboration, j’attends vos remarques pratiques afin d’améliorer ce protocole de surveillance pour nos futures études.

Pr P. Moissonnier


 
 
Radiographie de la colonne vertébrale thoracique chez un bouledogue français montrant deux vertèbres cunéiformes à l’origine d’une double incurvation en cyphose.

 

 

PUCE OU TATOUAGE ?

L’identification par puce électronique des animaux de compagnie est apparue dans les cabinets vétérinaires début 2002. Ceux-ci ont été conquis par la fiabilité du procédé et la rapidité de la pose. Elle est détectable, grâce à un lecteur portable, à 15 cm de l’animal. Elle est tolérée par toutes les espèces, y compris les reptiles et les animaux sauvages dont la dangerosité ou la valeur impose un recensement fiable.

Elle présente, incontestablement, les avantages suivants :

1 - Cette puce électronique supprime certains inconvénients du tatouage en ce qu'elle est réputé infalsifiable et ineffaçable avec le temps.

2 - La pose ne nécessite aucune anesthésie et ne présente aucun risque pour l’animal. Notons toutefois, qu’un tatouage peut être fait sous simple anesthésie locale sans danger pour l’animal, à condition cependant qu'il s'agisse d'un tatouage à la cuisse (ce qui convient parfaitement au bouledogue français). En effet le tatouage à l'oreille est impossible à réaliser avec un dermographe sans anesthésie générale, et le principe de la pince, qui ne nécessite aucune anesthésie tant l'acte est rapide, est, à notre sens, barbare et peu lisible.

3 -La lecture du code peut se faire à distance, ce qui faciliterait l’identification d’animaux craintifs ou dangereux.

4 - Elle est invisible donc plus esthétique qu’un tatouage, notamment ceux faits à l’oreille.

5 - Son coût est sensiblement le même que celui du tatouage fait sous anesthésie.

Elle présente, en revanche, un certain nombre de points faibles par rapport au tatouage.

Si l'on pose pour principe que l’identification est destinée, notamment, à retrouver les animaux en cas de perte ou vol, on réalise, concernant le chien, qu’il n’est pas possible de savoir si un chien trouvé est porteur d’une puce.

Avec le tatouage, la recherche du propriétaire par celui qui trouve l’animal est aisée. Il suffit de lire ce tatouage et un simple coup de fil à la SCC permet de retrouver le propriétaire de l’animal, pour peu que celui-ci soit lisible ce qui n'est pas toujours le cas.

Pour autant, le procédé du tatouage, existant depuis 1971, a fait largement ses preuves en dépit des reproches, sans doute partiellement justifiés, qu’on peut lui faire, et il a permis de retrouver un certain nombre de chiens qui, la plupart du temps, sont découverts par des particuliers.

Soulignons que, pour un tatouage un peu effacé, le fait de frotter avec de l'alcool à 70° la partie de peau sur laquelle il est inscrit, fait ressortir les caractères et permet souvent de lire correctement les chiffres et lettres constituant cette identification.

Avec la puce électronique, comment savoir si le chien est pucé ? les particuliers retrouvant l’animal, feront-ils l’effort de se rendre chez un vétérinaire et de monter dans leur voiture un chien inconnu , éventuellement crotté, alors même que l’existence de cette puce ne sera que supposée ?

On peut donc admettre la supériorité de la puce quand il s'agit de contrôler un animal (expositions, exportations etc...) mais, en revanche, on doit déplorer son absence de lisibilité immédiate ce qui la rend moins adaptée au cas de l'animal trouvé par le public. A ce sujet, certains vétérinaires remarquent une hostilité à la puce de la part de la communauté des chasseurs dont les chiens se perdent souvent durant les parties de chasse et qui pensent que le tatouage permet plus facilement de récupérer l'animal.

En conclusion, on peut considérer que, si le tatouage a fait ses preuves, il n’en va pas de même pour le transpondeur du fait que le procédé est encore trop récent et qu'on manque donc de recul pour qu'il soit possible de vérifier sa supériorité sur le tatouage.

On doit cependant d'ores et déjà admettre, que la puce ne supprime pas tous les inconvénients du tatouage. Elle est, en effet un moyen fiable d'identification administrative mais, ne permet pas l'identification immédiate de l'animal.

On peut toutefois supposer que le système du transpondeur va peu à peu entrer dans les moeurs et que celui qui trouvera un animal errant pourra s'adresser à différents services de sécurité et santé, équipés d'un lecteur, et qui permettront de retrouver rapidement le propriétaire d'un chien errant, perdu ou volé.

C'est pourquoi, Il est inévitable, qu'à terme, la puce deviendra sans doute le procédé unique d'identification et qu'on s'acheminera, progressivement, vers la disparition du tatouage. Néanmoins, on peut penser que ce dernier a encore quelques belles années devant lui.

En effet, en attendant que les faits rejoignent la vision idyllique d’une Europe où tous les animaux seraient faciles à identifier et pourraient être retrouvés en cas de perte ou vol, un certain nombre d’éleveurs, pendant une periode qu'on peut qualifier de transitoire, continuent à identifier leurs chiots par tatouage, ne serait-ce que pour pouvoir, eux-même, les identifier, notamment dans les portées importantes. Ces deux moyens d'identification sont, en fait complémentaires mais ne peuvent être utilsés que de façon alternative.


©O. B.

 

LE COUP DE CHALEUR

Le chien est un mammifère dit homéotherme, ce qui signifie que son organisme reste toujours à la même température ; son métabolisme contrôle la température interne et le maintient autour de 39 °C. En dessous de cette température, le chien est en hypothermie, ce qui arrive en cas d’état de choc, intoxication ou hémorragie. Au-dessus, il est en hyperthermie et c’est ce qui arrive dans le cas du coup de chaleur.

Le coup de chaleur est une affection gravissime avec un pronostic péjoratif si un traitement n’est pas rapidement entrepris.

Le chien n’a pas, comme l’homme, la possibilité de se refroidir par sudation car il ne possède de glandes sudipares qu’entre les doigts. Le peu de sueur qu’il produit est insuffisant pour abaisser sa température corporelle. Il ne lui reste que le halètement qui permet de réguler la température interne par élimination de vapeur d’eau. Plus le taux d’humidité est élevé et moins ce mécanisme régulateur est efficace. C’est la raison pour laquelle les temps chauds et humides sont particulièrement difficiles à supporter pour le chien.

Il existe certains facteurs de risques et il est un fait que les races brachycéphales comme notre bouledogue sont particulièrement exposées. S’ajoutent à cette caractéristique morphologique le fait que le chien ait un âge avancé, qu’il soit en mauvaise condition physique, obèse ou atteint de certaines maladies cardio-vasculaires, respiratoires, neurologiques ou endocriniennes. Il ne faut cependant pas oublier que tous les chiens risquent un coup de chaleur dans les circonstances décrites ci-après.

Les circonstances d'apparition

Le coup de chaleur ne survient que lorsque les mécanismes qui régulent la température corporelle de l’animal sont saturés. Cette saturation survient soit si l’animal fournit un effort très violent, faisant face à une importante production de chaleur alors que la température extérieure et le taux d’hygrométrie sont trop élevés, soit, en dehors de tout effort, si ses capacités de régulation thermique sont dépassées. C’est exactement ce qui arrive quand le chien est dans une voiture, exposé au soleil, surtout si les vitres sont fermées. Par l’effet de serre la température peut atteindre des grandeurs très importantes et fatales à l’animal. Mais, chez le bouledogue, le coup de chaleur peut survenir en dehors de ces circonstances extrêmes et il convient de souligner qu'un stress, une excitation ou une angoisse prolongés induisent les mêmes mécanismes que le coup de chaleur et, partant, les mêmes conséquences (chien maintenu dans une cage alors qu’il n’a pas l’habitude, etc.).

Les mécanismes du coup de chaleur

Les conséquences d’une soudaine élévation de la température sont nombreuses. L’état de congestion cérébrale est l’élément dominant. Elle entraîne un état de choc vasoplégique où l’animal « se saigne dans ses propres veines » du fait de l’augmentation brutale de la capacité du réseau veineux. On observe fréquemment des troubles importants de la coagulation sanguine. On observe enfin, en cas d’effort musculaire important, une destruction des fibres musculaires ainsi qu’une insuffisance rénale aiguë. Le coup de chaleur provoque une nécrose des cellules ainsi que la destruction de leurs structures ; en effet, les organes s’endommagent gravement dès 42°8.

Comment reconnaître un coup de chaleur

Le bouledogue ayant l’habitude de respirer assez fort, il est difficile de déterminer à partir de quel moment le simple halètement se transforme en difficulté respiratoire. Toutefois, chaque fois que le chien a un halètement important avec salivation importante et une température corporelle, il faut penser au coup de chaleur. On observe, par la suite et en l’absence de traitement une diminution de la vigilance puis un abattement passant parfois par une phase d’agitation, enfin, une prostration pouvant aller jusqu’à la perte de connaissance. Il peut y avoir vomissement de sang et diarrhée, taches rouges à sombres sur la peau ou les muqueuses puis arrêt de la diurèse pour finir par un coma et un arrêt respiratoire.

Les gestes qui sauvent

La première chose à faire lorsqu’un chien est victime d’un coup de chaleur, c’est de mettre tout en œuvre pour abaisser la température corporelle et surtout provoquer un resserrement des vaisseaux sanguins périphériques. Ce refroidissement doit être rapide et brutal ; tous les moyens sont bons : douche froide, glaçons sur le crâne, etc.

Il n’y a aucun risque de refroidir le chien brusquement et notamment aucune hydrocution possible. Il est conseillé, également, d’appliquer des compresses d’alcool sur les pattes, les aisselles et éventuellement le museau. Il ne faut pas sous-estimer les conséquences possibles d’un coup de chaleur, même en phase de début et il faut agir de façon rapide et efficace.

Le traitement médical du coup de chaleur

Quand un coup de chaleur est installé, le simple fait de refroidir l’animal de façon externe n’est pas toujours suffisant et on peut considérer qu’il s’agit d’une mesure d’urgence, en attendant d’arriver chez le vétérinaire le plus proche. Le chien doit rapidement être admis dans une unité de soins intensifs et placé sous perfusion pour le réhydrater. Des corticoïdes à action rapides doivent être utilisés à hautes doses et par voie intraveineuse pour lutter contre un œdème cérébral. Les troubles de la coagulation doivent être contrôlés. Dans certains cas, des troubles rénaux peuvent apparaître, nécessitant la réalisation d’une dialyse durant quelques jours.

Comment éviter le coup de chaleur ?

- Ne le laissez pas dans une voiture où la température peut atteindre des sommets insupportables.
- Pensez que le soleil tourne et que le véhicule, à l’ombre quand vous le quittez, peut se trouver en plein soleil quelques instants plus tard.
- Ayez toujours dans le coffre de votre voiture un bidon d’eau qui permettra d’abreuver l’animal ou de le mouiller ainsi qu’une serviette de toilette pour la mouiller et la mettre sur le corps de l’animal
- Laissez toujours de l’eau à la portée de votre chien.

Comment y faire face ?

Si votre chien présente les symptômes décrits plus haut, refroidissez-le le plus vite possible par tous les moyens (douches, bains, glaçons) et conduisez le rapidement chez le vétérinaire si la situation ne se normalise pas très vite.

Ayez toujours à l’esprit que le bouledogue est un animal très attaché à son maître et très sensible au stress. Celui-ci se manifeste quand le chien est éloigné de son maître, quand il est confiné dans un espace restreint (cage de transport, séjour en clinique vétérinaire, etc.), ou quand il est énervé (proximité, pour le mâle, d'une femelle en chaleur). Ces circonstances peuvent produire les mêmes effets qu'une température excessive.

©O. B.

LA DÉMODÉCIE

La démodécie est une maladie de la peau touchant le chien et due à l’infestation des follicules pileux par un parasite ; ce parasite est un acarien microscopique qui a une forme allongée, et qui est appelé Demodex canis.

Cette maladie touche particulièrement les jeunes chiens qui sont contaminés, durant les cinq premiers jours de leur vie, par contact avec la mère lors de l’allaitement.

La plupart des chiens adultes sont infestés par ce parasite mais n’expriment aucun signe clinique. Seuls, les chiens ayant un système immunitaire peu performant ou déficient expriment des signes visibles. La maladie survient chez le chiot entre deux mois et un an.

Des chiens âgés peuvent également être affectés par cette maladie pour la même raison que les chiots, à savoir un système immunitaire déficient soit en raison de l’âge soit secondairement à une autre maladie.

Certaines races sont prédisposées à cette maladie mais le bouledogue français n’en fait pas partie. Toutefois, le club note de temps en temps des cas ponctuels qui justifient d'exposer sommairement les caractéristiques de cette affection parasitaire.

Cette maladie n’a pas la gravité qu’on lui a prêté il y a quelques années ; tous les chiots, dès lors qu’ils ne sont plus protégés par le colostrum de la mère, pendant la période où ils n’ont pas constitué toutes leurs défenses immunitaires, connaissent un état de fragilité qui peut s’exprimer par des problèmes de peau au rang desquels on peut citer la démodécie, cette maladie étant cependant la plus sérieuse.

Les symptômes de la maladie

Cette pathologie se caractérise par des pertes de poils, soit circonscrites, soit étendues, ainsi que par l'apparition de pellicules. Parfois, la démodécie est aggravée par une surinfection bactérienne de la peau connue sous le nom de pyodémodécie, qui est une démodécie associée à une pyodermite.

Il existe donc deux formes de démodécie :

· La démodécie sèche : celle-ci peut être soit très localisée (espaces inter-digités, face, notamment autour des yeux) soit très disséminée ; en général il n’y a aucune démangeaison. Une séborrhée dégageant une odeur rance apparaît ensuite.

· La démodécie suppurée : c’est à l’évidence une forme grave de la démodécie sèche qui se complique d’une infection cutanée bactérienne très importante. On observe une pyodermite profonde dont l’origine est une infection par staphylocoques.

La peau devient suintante et se couvre de croûtes ; on note alors d’importantes démangeaisons. La maladie peut même avoir des répercussions sur l’état général du chien qui devient abattu, amaigri et peut même en mourir.

Le diagnostic de la maladie est simple et repose sur la réalisation de raclages cutanés mis sous lame de scalpel qui permet d’observer les parasites.

Le traitement de la démodécie

Cette maladie, restée longtemps redoutable car sans traitement, peut, à présent, se combattre par deux moyens. Il faut soit donner des comprimés actifs contre le demodex , soit réaliser des bains acaricides détruisant le parasite. La durée du traitement est longue et coûteuse. Il faut prévoir entre deux et quatre mois pour espérer une guérison complète. Les récidives sont peu fréquentes, mais les chiennes en chaleur ou en gestation peuvent présenter des récidives. Il est vivement recommandé de les retirer de la reproduction afin d’éviter qu’elles transmettent les parasites aux chiots.

Toute surinfection bactérienne doit être traité par antibiotique et il est conseillé de faire pratiquer un antibiogramme afin de rechercher les bactéries ainsi que les antibiotiques auxquels elles sont sensibles.

Cette maladie n’est pas transmissible à l’homme.

©O. B.

LA LUXATION DE LA GLANDE NICTITANTE

La glande nictitante (appelée improprement glande de Harder) est située à la face cornéenne de la troisième paupière.

C’est une glande lacrymale accessoire. Il arrive que, dans certaines races, et notamment notre bouledogue, elle fasse saillie sur le bord libre de la membrane nictitante ; c’est ce qu’on appelle « la luxation (ou le prolapsus) de la glande de Harder ».

Elle est très inesthétique et apparaît au coin intérieur de l’œil comme une masse oblongue, rouge, s’accompagnant de larmoiements et d’une gène modérée.

Il est couramment admis que la troisième paupière du chien joue un rôle important dans la protection du globe oculaire composé à la fois d’un élément cartilagineux et d’une glande nictitante secrétant les larmes.

Son excision constitue un danger pour le globe oculaire et prédispose à la conjonctivite chronique ou à la kératite sèche. Une telle opération ne doit donc être envisagée qu’en dernier ressort ; La technique de l’enfouissement est de plus en plus largement utilisée et elle évite les conséquences de l’exérèse pure et simple ; il est préférable de faire intervenir un vétérinaire spécialisé en ophtalmologie.

©O. B.

L'ÉLONGATION DU VOILE DU PALAIS

Cette affection se caractérise par une respiration dyspnéique et bruyante qui s’explique par une obstruction plus ou moins importante de l’entrée du larynx du fait d’un excès de volume du voile du palais.

Elle se rencontre surtout chez les races brachycéphales et notamment chez le bouledogue français.

Symptômes

- Respiration très bruyante, en particulier lorsque le chien est agité.
- Le diagnostic se fait, en principe, sous anesthésie générale. On constate un voile du palais épaissi et gênant, de ce fait, les mouvements de l’épiglotte, obstruant plus ou moins l’accès du larynx.
Un examen radiologique peut confirmer la pathologie, surtout si l’inflammation chronique du voile du palais est importante.

Traitement

La corticothérapie peut être administrée à titre conservatoire ou avant une intervention chirurgicale.

Cette intervention, lorsqu’elle est pratiquée, consiste en une résection du voile palatin en regard de l’extrémité rostrale de l’épiglotte. Elle ne doit pas être trop marquée afin d’éviter le passage d’aliments dans le naso-pharynx durant la déglutition.

Après l’intervention, l’animal est traité par cortisone et doit être nourri avec des aliments liquides.

©O. B.



LA LUXATION DE LA ROTULE

La luxation médiale de la rotule est une pathologie fréquente chez les petites races et généralement d’origine congénitale bien que son mode de transmission ne soit pas clairement établi. Elle se traduit par une position anormale de la rotule qui est en position médiale, hors de la trochlée (articulation dans laquelle un os roule comme une poulie que lui présente l’os adjacent). Elle peut être intermittente ou permanente, réductible ou non selon le degré de gravité.

Symptômes

On remarque une boiterie intermittente avec le membre qui reste fléchi et une démarche du chien sur trois pattes.

On distingue trois stades possibles de l’affection selon la facilité de remettre la rotule en place et la gravité des symptômes :

• Stade 1 : réduction facile.
• Stade 2 : réduction plus difficile et amorce d’une déviation médiale de la crête tibiale.
• Stade 3 : luxation permanente et boiterie sévère et permanente.

Traitement

Il dépend de l’étiologie et du stade d’évolution. En dehors d’un traumatisme, cette affection peut être le résultat d’un défaut d’aplomb des os de la cuisse et de la jambe ou, la plupart du temps, simplement congénitale.

En pratique, il y a lieu de distinguer entre deux cas possibles :

• La luxation spontanément réductible :

L’intervention chirurgicale n’est pas nécessaire mais il faut savoir que des complications peuvent survenir à long terme et, notamment la rupture des ligaments croisés ainsi qu’une évolution possible vers l’arthrose.

• La luxation irréductible :

L’intervention s’impose et, s’il s’agit d’un chiot en croissance, elle doit être précoce pour éviter que les forces qui agissent sur le tibia et le fémur ne les déforment et provoquent un déplacement médial de la crête tibiale afin d’obtenir, au final, une rotule stable sans contrainte excessive.

Sur le plan juridique, et bien que cette affection n’appartienne pas à la liste des vices rédhibitoires prévus par le code rural, elle peut faire l’objet d’une action en rédhibition de la vente fondée sur l’article 1641 du code civil car, sauf origine traumatique, il s’agit incontestablement d’un vice grave, caché et antérieur à la vente.

©O. B.




LA VACCINATION DU CHIOT

ÂGE
VACCINATION
Deux mois environ
  • Parvovirose (maladie contagieuse virulente      se    traduisant par une gastro-entérite      hémorragique).

  • 
Maladie de Carré (maladie contagieuse     virulente se traduisant par des symptômes     digestifs, respiratoires, nerveux ou cutanés,     souvent mortels).

  
 • Hépatite contagieuse (ou hépatite de Rubarth)     maladie contagieuse, innoculable, spéciale aux     canidés, se traduisant soit par une absence de     symptômes soit, parfois, une gastro-entérite.     Souvent mortelle chez le jeune chiot.
    Ces trois maladies font partie des vices          rédhibitoires prévus par le Code rural.

   •
Toux de chenil (toux particulièrement rebelle     chez     le chiot et qui se rencontre principalement     dans     les collectivités d'animaux)
Après trois mois
   Parvovirose
   •
Maladie de Carré
   •
Hépatite contagieuse
   •
Leptospiroses (1ère injection)
     Maladies contagieuses commune à l'homme et      à de nombreuses espèces animales, virulentes      et inoculables dues à la pullulation dans le sang      et les tissus de germes Leptospira.
   •
La toux de chenil
   •
La rage 
   • La Piroplasmose (maladie dûe à un parasite du      sang transmis par les tiques et qui détruit les      globules rouges). Elle consiste en deux injections      à un mois d'intervalle à partir de 5 mois.
    

RAPPELS :
- un an après
   • Maladie de Carré
   • 
Hépatite contagieuse
   • 
Rage (obligatoire en exposition pour les zones      indemnes, pour les chiens provenant d'une      zone infectée et, dans les zones infectées,      obligatoire pour tous les chiens).
   •
 Leptospiroses
   •
 Parvovirose
  
 • La toux de chenil
    - chaque année
   • Rage
   • 
Leptospiroses
   • La Piroplasmose
- tous les 1 ou 2 ans
   Parvovirose
   • 
Maladie de Carré
   • 
Maladie de Rubarth (Hépatite contagieuse)
    La toux de chenil
   


LA VERMIFUGATION

Elle permet de débarrasser le chien de divers vers digestifs qui le parasitent et peuvent entraîner de nombreux troubles, parfois très graves, notamment sur des chiots.
Ces vers peuvent être classés en deux groupes :

1)  les vers plats appelés ténias.
2) les vers ronds qui regroupent différentes espèces plus ou moins grandes mais dont la caractéristique commune est la section du corps circulaire.

Les ténias du chien

Les principales espèces qui peuvent être retrouvées sur le chien sont le dipylidium, différents ténias proprement dits et l’échinocoque.
La plupart des espèces sont bien tolérées par le chien mais le parasitisme par ténia influe sur l’état général du chien qui peut présenter des carences vitaminiques importantes.

Les vers ronds

Les principaux sont les ascaris, les ankylostomes et les trichures.

Les ascaris :

Ce sont les vers les plus fréquents. On les retrouve principalement chez le chiot et ils provoquent d’importants dégâts. Ils se nourrissent au détriment du chiot puisqu’ils absorbent différents nutriments contenus dans le bol alimentaire, entraînant ainsi de graves carences qui perturbent la croissance du chiot. Dans des cas extrêmes, ils peuvent provoquer une perforation de l’intestin.
L’évolution du parasite chez le chien est assez complexe et mal connue mais il semble établi que les larves du parasite migrent par le foie, le cœur et les poumons avant de donner des vers adultes dans l’intestin. Chez les femelles, les larves sont remises en circulation lors des chaleurs et pendant la gestation et elles infestent le fœtus directement dans l’utérus. Ces larves peuvent infester également le lait de la chienne.

Les ankylostomes :

Ce sont des vers de très petites tailles qui parasitent l’intestin grêle du chien.
Ils se fixent dans ma muqueuse digestive et s’en nourrissent, prélevant de grandes quantités de sang ce qui peut entraîner des diarrhées noirâtres et de graves anémies. Comme pour les ascaris, les chiots peuvent être infectés dans l’utérus ou par la lactation maternelle.

Les trichures :

Ce sont des vers de petites tailles bien que plus grands que les précédents et qui se fixent sur la muqueuse du gros intestin, se nourrissant de tissus et de sang. Si le parasitisme est important, le chien peut présenter des troubles graves et notamment des diarrhées sanguinolentes ou des anémies.

Le protocole de vermifugation

Pour les vers les plus courants, il est souhaitable d’utiliser un vermifuge polyvalent, notamment pour les ascaris et le ténia.
  

CAS
VERMIFUGATION
CHIOTS
  • à 15 jours,
  • à 2 mois (avant la primo vaccination),
  • à 3 mois (avant le rappel),
  • tous les deux mois jusqu’à l’âge d’un an.
ADULTES
  • une ou deux fois par an.
FEMELLES
GESTANTES
  • avant la saillie,
  • 2 semaines avant la mise bas,
  • 3 à 4 semaines après la mise bas,
  • tous les 15 jours jusqu’à la séparation de la mère
    d'avec les chiots.
ADULTES
EN CHENIL
  • tous les deux ou trois mois.

Pour que la vermifugation soit efficace il convient que le milieu dans lequel vit le chien soit assaini. Ceci implique :

- que les matières fécales des animaux vermifugés soient détruites,
- dans les chenils une désinfection par lavage avec désinfectant doit être    réalisée afin de permettre la destruction des œufs extrêmement résistants,
- un sol sec, cimenté ou carrelé est favorable à une élimination rapide des    larves d’ankylostome qui ne survient pas sur un tel support.

EN CONCLUSION, une vermifugation efficace suppose un bon choix de l’antiparasite, le respect des périodes de traitement et l’assainissement de l’environnement du chien.

©O. B.


LA HERNIE DISCALE

Cette pathologie est une affection des disques intervertébraux évoluant à la manière d’un processus de dégénérescence, pouvant avoir des effets sur la locomotion de l’animal. Les procidences d’un disque intervertébral dégénéré sont susceptibles de comprimer la moëlle épinière et d’entraîner des paralysies.

Bien que cette maladie puisse se rencontrer dans toutes les races canines, elle se cantonne principalement à quelques races désignées sous l’appellation de chondrodystrophoïdes.

Le bouledogue français
fait partie des races à forte prédisposition, mais le teckel est la race la plus touchée de l’espèce canine du fait, sans doute, de son dos très long.

Le traumatisme peut jouer un certain rôle dans cette maladie, et notamment dans la rupture finale du disque, et il peut être l’un des facteur de l’affection puisqu’elle déclenche des altérations à l’intérieur même du disque, mais c’est quand même un fait de dégénérescence qui est le motif initial de la procidence (sortie) puis de la rupture du disque. C’est la raison pour laquelle il est déconseillé de laisser un bouledogue monter ou descendre des escaliers de façon répétitive ou de le laisser se livrer à des jeux ou activités brutales.

On distingue, selon Hansen (chercheur du début du 20ème siècle) :

-  La hernie discale de type 1 de Hansen :

Elle concerne les races chondrodystrophiques évoquées plus haut et se caractérise par une métaplasie (c’est-à-dire la transformation d’un tissu vivant en un autre) cartilagineuse du nucleus pulposus qui est la partie centrale des disques intervertébraux, gélatineuse mais ferme avec fragilisation de l’annulus fibrosus qui est la capsule fibreuse qui entoure le disque.

Les fonctions du disque sont doubles : le disque fait partie de l’articulation qui réunit deux vertèbres contiguës et il joue le rôle d’un tampon amortisseur à l’égard des traumatismes indirects qui se transmettent le long de l’épine dorsale.

Du fait que le disque intervertébral est placé entre deux corps vertébraux successifs, il est exposé à des traumatismes souvent considérables et de temps à autre, violents, en particulier dans les régions où la colonne vertébrale se recourbe le plus souvent.

Les sujets qualifiés de chondrodystrophiques souffrent d’une altération précoce du nucleus qui, de substance gélatineuse passe à l’état de substance chondroïde (cartilagineuse) pendant que l’annulus subit également une altération de dégénérescence qui fait perdre au disque son élasticité naturelle. Il arrive même que l’annulus fibrosus dégénère et se rupture alors que le nucléus est encore à l’état gélatineux et c’est ce phénomène qui entraîne l’expulsion du nucleus sur une certaine longueur du plancher vertébral.

-  La hernie discale de type 2 de Hansen :

Elle concerne les races non chondrodystrophiques et se caractérise par une métaplasie fibreuse du nucleus pulposus sans fragilisation de l’annulus fibrosus qui se déforme progressivement sans permettre le passage du matériel discal dans le canal rachidien, entraînant une compression lente de la moëlle.

Le diagnostic

Il se fait par un examen neurologique et doit être confirmé par une radiographie de face et de profil, centrée sur le siège de la lésion.

Il se fait souvent sous anesthésie et il est indispensable d’avoir une corrélation parfaite entre l’examen neurologique et la radiographie pour affirmer le diagnostic.

En cas de doute, une myélographie doit être pratiquée.

Pronostic et indication thérapeutiques

Degré 1 :

Douleur et proprioception (sensibilité propre aux muscles, aux os et aux articulations) conservée : le pronostic est BON.
Un traitement médical peut être entrepris.

Degré 2 :

Perte de la proprioception : le pronostic ASSEZ BON.
Un traitement médical est encore possible sauf s’il s’agit d’une hernie discale cervicale où l’intervention est inévitable.


Degré 3 :

Paralysie : le pronostic est RÉSERVÉ et un traitement à la fois médical et chirurgical doit être envisagé.

Degré 4 :

Perte de la sensibilité douloureuse profonde : le pronostic est mauvais, surtout si la perte existe depuis plus de 48 heures et un traitement médical et chirurgical d’urgence doit être tenté.

Traitement

Une mise au repos complet pendant dix jours (dans un espace réduit comme une cage ou une pièce très petite) doit être instaurée. C’est l’indication thérapeutique la plus importante car elle va permettre la cicatrisation des lésions ; elle sera suivie d’une convalescence se traduisant par une mise au repos moins sévère de trois semaines.
Il est important de ne pas donner trop d’antalgiques qui, supprimant toute douleur, pourraient
inciter le chien à une reprise d’une activité normale et l’aggravation des lésions.

Il sera administré au chien des antalgiques ainsi que des anti-inflammatoires.

Enfin, dans les cas indiqués plus haut, et notamment en cas de hernie discale cervicale avec douleur isolée ou parésie (paralysie partielle) ou paralysie récidivante c’est l’intervention chirurgicale qui devra être envisagée.

Dans le cadre d’un traitement hygiénique, il faudra prévenir les escarres en plaçant l’animal sur une surface confortable et en enduisant de vaseline les zones de la peau pouvant être souillées par l’urine.

Il faudra également vidanger la vessie trois fois par jour soit par pression manuelle soit par sondage stérile en utilisant des antiseptiques urinaires pour lutter contre les cystites.

Lexique

Annulus fibrosus : capsule fibreuse qui entoure le disque.

Chondroïde : cartilagineux.

Métaplasie : transformation d’un tissu vivant en un autre.

Nucleus pulposus : partie centrale des disques intervertébraux.

Parésie : paralysie partielle.

Procidence : sortie.

Proprioception : sensibilité propre aux muscles, aux os et aux articulations

©O. B.



L'HERPÈS VIROSE CANINE

(Compte rendu d'une conférence qui a eu lieu à
l'école Vétérinaire d'Alfort le 6/03/2003
)

L’herpès virose est une maladie contagieuse due à la présence d’un herpès virus spécifique du chien (CHIV), se traduisant cliniquement par de la mortalité néonatale ainsi que des troubles au niveau de la reproduction (avortement ou infertilité) ou des épisodes de toux de chenil.

En France, près de 50 % des éleveurs hébergent, sans le savoir, des sujets reproducteurs atteints d’herpès virose canine. Présente partout dans le monde, elle est une source de préoccupation des éleveurs.

Les animaux les plus sensibles sont les femelles gestantes en fin de gestation ainsi que les chiots de moins de trois semaines. Tous les chiens peuvent en être atteints dès lors que leur organisme est soumis à un stress comme la malnutrition, des transports traumatisants ou la surpopulation en élevage canin ainsi que des variations de température importantes. On peut également citer l’administration de corticoïdes.

Cette maladie a un côté particulièrement sournois car elle est, la plupart du temps, inapparente et a pour conséquence que de nombreux animaux, apparemment sains, sont contaminés bien que ne développant pas la maladie.

Les symptômes

Le virus, bien qu’il puisse toucher les chiens de tout âge, ne s’exprime cliniquement que chez le chiot de moins de trois semaines ou chez des reproducteurs qui présentent des troubles de la reproduction.

• Chez l’adulte

Les symptômes sont extrêmement discrets et le plus souvent inapparents puisqu’ils se traduisent par des lésions papulo-vésiculeuses transitoires sur l’appareil génital externe. Ils peuvent se traduire également par des douleurs à la saillie dues à la présence des lésions ainsi que des épisodes d’infertilité de moins en moins caractéristiques selon la parité.

• Chez le chiot

Ce sont les signes digestifs qui apparaissent en premier. Les selles sont peu abondantes, sans odeur particulière et verdâtres. Des vomissements peuvent apparaître mais le chiot semble bien portant avec un appétit normal puis, brutalement, il souffre de fortes douleurs au niveau de l’abdomen. Ensuite, ses mouvements deviennent non coordonnés et il perd l’équilibre. La mort survient entre 24 h et 48 h après la naissance, parfois 4 à 5 jours plus tard.

Lorsque le chiot est plus âgé ou s'il s'agit un adulte, peut s’installer 48 h après l’infection par voir oro-nasale, une rhinite ou une pharyngite sans fièvre qui guérit généralement de façon spontanée au bout d’une ou deux semaines. Enfin, on observe plus rarement des troubles oculaires (kératite, irido-cyclite).

Diagnostic de suspicion

Tout épisode de mort néonatale dans les premiers jours de la vie des chiots doit faire penser à une primo infection herpétique. Le diagnostic n’est toutefois pas aisé du fait que de nombreux infectés latents sont séronégatifs. Un problème d’infertilité ou de faible prolificité en élevage doit inclure l’hypothèse d’une infection de l’élevage par le CHV ; les lésions génitales sur des reproducteurs doivent être examinées avec soin de même qu’un syndrome de toux de chenil peut également orienter vers une suspicion d’herpès.

À l’autopsie, des foyers hémorragiques sur les poumons peuvent signer un diagnostic d’herpès.

Diagnostic de certitude

   •Sur les adultes
Un examen des muqueuses vaginales ou prépuciales ainsi qu’un prélèvement de sperme peuvent donner des certitudes.

  • Sur les chiots
l’isolement du virus est très délicat et n’est possible que si les prélèvement ont lieu dans les deux heures qui suivent la mort du chiot.

Pronostic

Il s’améliore avec l’âge du chiot. Ceux qui en réchappent peuvent garder des séquelles rénales, pulmonaires ou nerveuses. Pour la lice reproductrice, lors d’une gestation suivante, les anticorps colostraux peuvent protéger les chiots de la maladie mais pas du portage et de la ré-excrétion virale.

Traitement

Il est illusoire chez le chiot, une fois la maladie déclarée mais, pour les chiots à risque, l’éleveur pourra, dès la naissance, tenter de les sécher pour réduire la baisse de température liée à l’évaporation du liquide amniotique ou au léchage de la mère et surtout, maintenir les chiots dans une couveuse à forte hygrométrie entre les tétées (ou sous une lampe chauffante).

Il faut en effet, dans la mesure où le virus ne survit pas à partir d’une certaine température, maintenir impérativement le chiot au dessus de 37° tout en sachant que la réplication virale est maximale entre 35° et 36° ; La température des locaux doit être maintenue à la naissance à 31° et baissée régulièrement jusqu’à 22°C vers la troisième semaine.

Lorsque le chiot est atteint d’hypothermie, un passage de trois heures à l’incubateur (38°7) avec une hygrométrie supérieure à 80 % obtenue en y plaçant un verre rempli d’eau, permet d’éviter la paralysie intestinale et le rejet par la mère ; le gavage à la sonde oesophagienne doit, pour cette raison toujours suivre le réchauffement et non le précéder.

Prévention

Le virus est extrêmement fragile dans le milieu extérieur et sensible à tous les désinfectants.

Les infections concomitantes comme les diarrhées virales ou la toux de chenil sont connues pour leur rôle favorisant l’extension de la maladie. La dissémination virale par voie aérienne, bien que mineure, est difficile à contrôler.

La prévention de la transmission vénérienne reste délicate. En effet le fait que l’étalon soit séronégatif ne prouve pas formellement qu’il n’ait jamais été en contact avec le virus. En revanche, une séropositivité atteste de façon formelle du portage latent.

Au moment de la saillie une sage précaution consiste à extérioriser complètement les bulbes érectiles hors du fourreau afin de vérifier l’absence de lésions papuleuses et éviter d’utiliser pour la reproduction un étalon qui présenterait des douleurs génitales ou des troubles respiratoires.

Les inséminations artificielles diminuent le risque de transmission mâle/femelle sans les supprimer totalement. En revanche, elles suppriment totalement le risque femelle/mâle puisque le contact de muqueuse à muqueuse est alors supprimé.

La désinfection de l’appareil génital des partenaire s’avère également assez décevante car elle n’atteint pas tous les virus et risque de s’avérer spermicide. Il est toutefois conseillé d’utiliser un produit d’hygiène non spermicide. Il est également conseillé d’isoler les lices trois semaines avant et trois semaines après la mise-bas dans une maternité qui sera traitée, à cette occasion comme une quarantaine.

Le vaccin

Les tentatives de vaccination se sont longtemps soldées par des échecs du fait que le virus était trop faiblement immunogène mais, très récemment, un vaccin a été mis au point ; il s’agit d’un vaccin un peu particulier qui ne s’applique que sur les chiennes en reproduction et qui n’est disponible que sur le marché européen. Il s’agit d’un vaccin à sous-unités virales purifiées.

Ce vaccin induit une séroconversion chez la chienne gestante avec un pic d’anticorps neutralisant le CHV au moment de la mise-bas. Ce vaccin se fait 10 jours avant ou après la saillie puis 10 jours avant la mise-bas et permet de protéger les chiots nouveau-nés par l’intermédiaire des anticorps colostraux d’origine maternelle mais il doit être répété pour chaque épisode de reproduction.

Il protège en fait le chiot, grâce au renforcement des anticorps maternels contenus dans le colostrum, et lui permet de passer la période où le risque est maximal, c’est à dire les premiers jours de la naissance.

Ce vaccin est également utilisable dans les élevage infectés pour stimuler l’immunité naturelle des chiennes en période de réactivation virale (chaleurs, mises-bas).

En conclusion

il est couramment admis qu’il serait illusoire et inutile d’écarter tous les sujets susceptibles d’être contaminés par le virus de l’herpès virose d’autant plus que le statut sérologique des chiens n’est pas facile à établir.

Il est préférable de surveiller les chiots à risques dès leur naissance en maintenant une température de 37° et de pratiquer l’insémination artificielle de façon systématique.

Par ailleurs, le vaccin récemment mis sur le marché constitue une avancée pour faire sortir du cauchemar un certain nombre d’élevages confronté à ce virus même si son éradication est absolument impossible et qu’il faut l’intégrer dans le paysage de l’élevage.

©O. B.



Tous les articles vétérinaires ci-dessus ont été lus et approuvés par le Dr Philippe Pierson, co-auteur du Guide pratique de l'Elevage canin paru aux Éditions Fontaine.

Dernière mise à jour : samedi 07.04.2007 0:16