Le Club du Bouledogue Français, fondé en 1898 SITE OFFICIEL DU CLUB DE RACE, FONDÉ EN 1898, ET AFFILIÉ À LA SOCIÉTÉ CENTRALE CANINE

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LE BOULEDOGUE FRANÇAIS
SES ORIGINES

Le parfait bouledogue selon le standard

Le Bouledogue Français est apparu au milieu du 19e siècle dans la région parisienne ; c’est d’ailleurs la seule race originaire de Paris.

Au 19e siècle, les bouchers parisiens étaient accompagnés de doguins, race de petit dogue disparue de nos jours. Les bouchers avaient traditionnellement pour compagnon le dogue, et cela depuis le Moyen Âge.

Le dogue évolua au cours des siècles, et certains individus perdirent de la taille, c’est ce dogue de petite taille que l’on appelait doguin, on pourrait voir en fait un doguin moderne dans le Boxer.

Afin de suivre la mode, ces bouchers achetèrent des Bulldogs anglais de petite taille. Précisons que cette importation de Bulldogs a commencé dès la fin du 18e siècle. Ces Bulldogs anglais étaient très différents du type actuel, beaucoup moins lourds, moins massifs, plus haut sur pattes, ils étaient plus proche du doguin que du Bulldog d’aujourd’hui.

Les combats de chiens étaient des divertissements très appréciés à l’époque, et dans les faubourgs parisiens beaucoup de bouchers, de cochers, de commerçants, d’ouvriers, et il faut bien le dire de mauvais garçons, possédaient un chien de combat. Ces Bulldogs n’étaient pas d’un caractère facile, comme nous le montre une lettre adressée à Benjamin Franklin, président des Etats-Unis, par l’abbé Morellet et datée du 30 octobre 1785.

« Le Bull-dog que votre petit-fils nous a amené d’Angleterre, est devenu insupportable et même méchant ; il a encore mordu l’abbé de Laroche, et nous fait entrevoir une férocité vraiment inquiétante. Nous n’avons pas encore déterminé sa maîtresse à l’envoyer au combat du taureau, ou à le faire noyer, mais nous y travaillons. »

Un peu plus tard, en 1841, Théophile Deyeux, s’adressant aux chasseurs au marais, écrit :

« Mais tout à coup une famille de sans-culottes, qu’on appelle des grenouilleurs, plongent leurs mannequins sous les joncs, pendant qu’un chien de boucher, préposé à leur conservation, menace la vôtre, après avoir croqué les reins de votre compagnon de chasse ; et vous apprenez par ces industriels qu’alors même que vous auriez été flanqué de quatre chiens, Turc, l’un des meilleurs élèves de la barrière du combat, les auraient dévorés. »

Cette anecdote est extraite des annales modernes des environs de Paris.

Pour les combats, on mettait aux chiens de larges colliers de cuir, garnis de poil de blaireau. Le collier protégeait la gorge du chien et les poils de blaireau piquaient les narines de l’adversaire.

A la même époque, le chien ratier était très répandu dans les faubourgs parisiens. Il était surtout prisé des cochers qui s’en servaient pour débarrasser les écuries des rats. Ce ratier avait souvent les oreilles droites et la robe bringée. C’est en croisant ce ratier avec le Bulldog anglais pour avoir un chien de combat plus petit, que l’on obtint le Bouledogue français. On francisa le nom qui devint tout naturellement Bouledogue au lieu de Bulldog, comme on avait fait quatre siècles auparavant, avec dog qui devint dogue, mais les amateurs disent simplement Boule.

On accentua encore le caractère brachycéphale de l’animal, à l’aide du Lillois, petit chien du Nord de la France, aujourd’hui disparu et issu du Carlin. En 1856, Bonnardot écrivait à propos du Carlin :

« Je me souviens d’avoir vu dans mon enfance, entre 1812 et 1816, chez de vénérables dames antirévoluttionnaires, quelques roquets assez analogue au Carlin, par leur allure hargneuse et leurs jappements explosifs. C’était sans doute des individus abâtardis de la vraie race »

Le caractère ratier du Boule ne fait aucun doute, et il fréquenta assidûment les ratodromes parisiens dans les années 1870, 1880.

Pendant le siège de 1870, un Bouledogue était mis à contribution place de l’Hôtel de Ville, où se tenait un marché aux rats. Les rats sont installés dans une cage d’environ un mètre carré, lorsque vous avez choisi le rat que vous voulez acheter, le marchand vous confie une baguette et vous laisse le soin de diriger celui-ci vers un orifice donnant sur une autre cage contiguë. Dans cette cage se trouve un Bouledogue dont la fonction est de tuer d’un coup de gueule le rat concerné afin que vous puissiez emporter votre marchandise.

Les premiers sujets n’avaient pas toujours les oreilles droites et l’usage était alors de leur couper.

A cette époque, la couleur bringée était la plus recherchée. Il y eut beaucoup de tâtonnements et d’échecs avant d’obtenir un bon type de Bouledogue.

De même que les Anglais avaient vendu aux Parisiens des Bulldogs de second choix, ceux-ci à leur tour vendirent aux Américains les chiots qui n’étaient pas assez « boule » et pour qui il n’y avait que deux alternatives, être noyé ou devenir Boston Terrier.

En effet, dans les années 1900, la race eut un succès extraordinaire dans le pays, ainsi qu’à l’étranger, Angleterre, Etats-Unis, Allemagne, Autriche, etc. Toutes les grandes dames de la Belle Epoque voulaient être accompagnées d’un Bouledogue Français, race pourtant issue des couches les plus pauvres de la population.

Le Bouledogue Français peut se vanter d’avoir été le favori des aristocrates, roi d’Angleterre et tsar de toutes les Russies compris, comme des mauvais garçons.

La race est tellement populaire, que dans le courrier des lecteurs de l’Acclimatation en 1907, un lecteur s’interroge sur les qualités d’un Bouledogue à double nez, qu’on lui aurait « refilé ».

« Un double nez chez un Bouledogue, est une cause de disqualification. Pour être documenté sur la race, il faut s’adresser 38 rue des Mathurins, à la Société centrale ; c’est là qu’est le siège du Club du bouledogue français. Dans une brochure se trouvent les points de la race, la description des types, et la liste des membres dont beaucoup sont marchands. La plupart habitent Paris ou les environs et l’on peut s’instruire vite en allant en visiter quelques-uns.

Le type le plus à la mode est celui qui pèse environ dix kilos, il a les oreilles droites constamment bien portées, la queue courte et recroquevillée, la robe bringé foncé sans tache blanche, et qui ne tire pas la langue, défaut, hélas ! fréquent.

Le prix d’un beau sujet adulte atteint un chiffre élevé ; il y a des chiens aux Tuileries qui se vendent couramment cent louis. Notre impartialité nous empêche de donner des adresses de producteurs, mais dans le catalogue de l’exposition canine de 1906, avec la liste des récompenses en main, on trouvera facilement les renseignements complets sur les chenils intéressants. Les uns appartiennent à des personnes honorables, les autres (et non les moins primés), à des maquignons dont il est bon de se méfier.

A ce titre, il est indispensable d’acheter après avoir vu et d’emporter immédiatement le chien acheté. Il ne faut croire aucun boniment au sujet du port d’oreilles. Un chien qui ne porte pas les oreilles convenablement étant jeune les portera toujours médiocrement, quoi qu’on en dise.

Le chien vraiment bien coiffé est celui qui porte les oreilles correctement, même quand on ne l’excite pas. Comme les chiens à oreilles chauve-souris ont été croisés autrefois avec les chiens à oreilles coquilles, il s’en suit qu’on trouve de tout dans les portées, même de ces oreilles intermédiaires, mi chauve-souris, mi coquilles, qui enlèvent une grande partie de la valeur aux chiens. Ce sont ces sujets là que les marchands cherchent à vous vendre en vous faisant croire que cela s’arrangera »

A l’époque des combats, le chien était réputé pour ne pas lâcher prise. Son museau aplati lui permettait de respirer sans lâcher.

Des concours opposés les chiens, on les suspendait à une barre de bois et celui qui tenait le plus longtemps gagnait. Une fois, deux parieurs accrochèrent leur chien aux ailes d’un moulin que l’on fit tourner doucement. Le premier chien lâcha prise, épuisé. Le second tenait toujours bon. Quand enfin on arrêta le moulin, on vit qu’il était mort. Les crocs enfoncés dans le bois et la toile du moulin, il était resté accroché. La pauvre bête était morte d’épuisement, victime de la bêtise de son maître et de son entêtement à ne pas lâcher.

Ces concours et ces combats ont aujourd’hui disparu. En réalité, ils avaient disparu depuis cent ans, mais sont réapparus il y a quelques années, avec des Pitt Bulls dans le milieu des voyous nouvelle génération. A Paris, la place du combat, ainsi nommée parce que les Bouledogues s’y combattaient, mémorisait ces évènements, ceci jusqu’à la Libération, où elle fut rebaptisée place du colonel Fabien.

Après avoir connu un immense succès, avec des Clubs de race dans beaucoup de pays, le Boule se maintint en bonne place jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Après il devint rare, et même très rare.

Lorsque j’étais gamin, dans les années cinquante, en banlieue parisienne, l’épicier avait un Bouledogue Français. Lorsque je passais devant le jardin de son pavillon en revenant de l’école, il aboyait en courant derrière sa grille. C’est le seul Boule que j’ai vu pendant mon enfance.

Il y a vingt ans, j’ai fait l’acquisition de ma première Boule, une belle femelle caille, d’origine néerlandaise qui m’a comblé de bonheur. Dans sa quatrième année, je suis monté la faire saillir chez un grand éleveur néerlandais, car c’était à l’époque le top de la qualité en Europe.

Ma première Boule s’appelait tout naturellement Bouboule (dans l’intimité), sa fille devint Mère-Boule, et sa petite-fille qui a maintenant onze ans et qui ne me quitte jamais s’appelle Boulette (toujours dans l’intimité), son patronyme officiel étant Gros Bisous des Saute Ruisseaux.

Si le Bouledogue était rare il y a vingt cinq ans, quand j’ai commencé à m’intéresser à la race, il est aujourd’hui commun, et je dois dire que la qualité a énormément progressé. Aujourd’hui, on n’est plus obligé de monter aux Pays-Bas pour avoir du bon et du beau. Je me souviens il y a vingt ans, des horreurs que l’on rencontrait en expositions, et ces chiens étaient primés. Cela fait plaisir de voir ce chien parisien, à nouveau en haut du tableau.

Le Bouledogue était traditionnellement caille ou bringé. Depuis quelques années, le fauve a été accepté par le Club français et je m’en réjouis. Le bringé est souvent noir, et il faut quelquefois chercher, à l’aide d’une loupe, un poil fauve autorisant la confirmation.

Le Boule a une particularité, il ronfle, cela ne m’a jamais dérangé, et quoi de plus naturel lorsque l’on dort du sommeil du juste. C’est un chien vraiment agréable à vivre, et les Parisiens devraient avoir à cœur de choisir un Boule, un vrai parisien de souche.

La race est gérée par le « Club du Bouledogue Français » Voir l'évolution des naissance en France.

EXTRAIT DU LIVRE « CHIENS DE FRANCE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI » de Jean-Claude HERMANS, 350 pages, nombreuses illustrations, toutes les races françaises actuelles et 40 races disparues (ouvrage épuisé).



Mise à jour : dimanche 21.07.2013 13:48. Résolution d’affichage conseillée : 1024 x 768.
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