Le Club du Bouledogue Français, fondé en 1898 SITE OFFICIEL DU CLUB DE RACE, FONDÉ EN 1898, ET AFFILIÉ À LA SOCIÉTÉ CENTRALE CANINE

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LE COIN SANTÉ
LA HERNIE DISCALE

Le parfait bouledogue selon le standard

Cette pathologie est une affection des disques intervertébraux évoluant à la manière d’un processus de dégénérescence, pouvant avoir des effets sur la locomotion de l’animal. Les procidences d’un disque intervertébral dégénéré sont susceptibles de comprimer la moëlle épinière et d’entraîner des paralysies.

Bien que cette maladie puisse se rencontrer dans toutes les races canines, elle se cantonne principalement à quelques races désignées sous l’appellation de chondrodystrophoïdes.

Le bouledogue français fait partie des races à forte prédisposition, mais le teckel est la race la plus touchée de l’espèce canine du fait, sans doute, de son dos très long.

Le traumatisme peut jouer un certain rôle dans cette maladie, et notamment dans la rupture finale du disque, et il peut être l’un des facteur de l’affection puisqu’elle déclenche des altérations à l’intérieur même du disque, mais c’est quand même un fait de dégénérescence qui est le motif initial de la procidence (sortie) puis de la rupture du disque. C’est la raison pour laquelle il est déconseillé de laisser un bouledogue monter ou descendre des escaliers de façon répétitive ou de le laisser se livrer à des jeux ou activités brutales.

On distingue, selon Hansen (chercheur du début du 20ème siècle) :

• La hernie discale de type 1 de Hansen

Elle concerne les races chondrodystrophiques évoquées plus haut et se caractérise par une métaplasie (c’est-à-dire la transformation d’un tissu vivant en un autre) cartilagineuse du nucleus pulposus qui est la partie centrale des disques intervertébraux, gélatineuse mais ferme avec fragilisation de l’annulus fibrosus qui est la capsule fibreuse qui entoure le disque.

Les fonctions du disque sont doubles : le disque fait partie de l’articulation qui réunit deux vertèbres contiguës et il joue le rôle d’un tampon amortisseur à l’égard des traumatismes indirects qui se transmettent le long de l’épine dorsale.

Du fait que le disque intervertébral est placé entre deux corps vertébraux successifs, il est exposé à des traumatismes souvent considérables et de temps à autre, violents, en particulier dans les régions où la colonne vertébrale se recourbe le plus souvent.

Les sujets qualifiés de chondrodystrophiques souffrent d’une altération précoce du nucleus qui, de substance gélatineuse passe à l’état de substance chondroïde (cartilagineuse) pendant que l’annulus subit également une altération de dégénérescence qui fait perdre au disque son élasticité naturelle. Il arrive même que l’annulus fibrosus dégénère et se rupture alors que le nucléus est encore à l’état gélatineux et c’est ce phénomène qui entraîne l’expulsion du nucleus sur une certaine longueur du plancher vertébral.

• La hernie discale de type 2 de Hansen

Elle concerne les races non chondrodystrophiques et se caractérise par une métaplasie fibreuse du nucleus pulposus sans fragilisation de l’annulus fibrosus qui se déforme progressivement sans permettre le passage du matériel discal dans le canal rachidien, entraînant une compression lente de la moëlle.

Le diagnostic

Il se fait par un examen neurologique et doit être confirmé par une radiographie de face et de profil, centrée sur le siège de la lésion.

Il se fait souvent sous anesthésie et il est indispensable d’avoir une corrélation parfaite entre l’examen neurologique et la radiographie pour affirmer le diagnostic.

En cas de doute, une myélographie doit être pratiquée.

Pronostic et indication thérapeutiques

Degré 1 :

Douleur et proprioception (sensibilité propre aux muscles, aux os et aux articulations) conservée : le pronostic est BON.
Un traitement médical peut être entrepris.

Degré 2 :


Perte de la proprioception : le pronostic ASSEZ BON.
Un traitement médical est encore possible sauf s’il s’agit d’une hernie discale cervicale où l’intervention est inévitable.

Degré 3 :

Paralysie : le pronostic est RÉSERVÉ et un traitement à la fois médical et chirurgical doit être envisagé.

Degré 4 :


Perte de la sensibilité douloureuse profonde : le pronostic est mauvais, surtout si la perte existe depuis plus de 48 heures et un traitement médical et chirurgical d’urgence doit être tenté.

Traitement


Une mise au repos complet pendant dix jours (dans un espace réduit comme une cage ou une pièce très petite) doit être instaurée. C’est l’indication thérapeutique la plus importante car elle va permettre la cicatrisation des lésions ; elle sera suivie d’une convalescence se traduisant par une mise au repos moins sévère de trois semaines.
 
Il est important de ne pas donner trop d’antalgiques qui, supprimant toute douleur, pourraient inciter le chien à une reprise d’une activité normale et l’aggravation des lésions.

Il sera administré au chien des antalgiques ainsi que des anti-inflammatoires.

Enfin, dans les cas indiqués plus haut, et notamment en cas de hernie discale cervicale avec douleur isolée ou parésie (paralysie partielle) ou paralysie récidivante c’est l’intervention chirurgicale qui devra être envisagée.

Dans le cadre d’un traitement hygiénique, il faudra prévenir les escarres en plaçant l’animal sur une surface confortable et en enduisant de vaseline les zones de la peau pouvant être souillées par l’urine.

Il faudra également vidanger la vessie trois fois par jour soit par pression manuelle soit par sondage stérile en utilisant des antiseptiques urinaires pour lutter contre les cystites.

Lexique

Annulus fibrosus : capsule fibreuse qui entoure le disque.

Chondroïde : cartilagineux.

Métaplasie : transformation d’un tissu vivant en un autre.

Nucleus pulposus : partie centrale des disques intervertébraux.

Parésie : paralysie partielle.

Procidence : sortie.

Proprioception : sensibilité propre aux muscles, aux os et aux articulations

©O. B.

Cet article vétérinaire a été lu et approuvé par le Dr Philippe PIERSON, co-auteur du Guide pratique de l'Elevage canin paru aux Éditions Fontaine.

Du nouveau sur la question. Lecture complémentaire


Un article publié dans le n°49, daté du 20 juin 2017, de la Lettre électronique du CBF, sous la plume du Dr Philippe HAUDIQUET
, vous propose une présentation illustrée de photos en couleur et mettant l'accent sur les moyens de traitement les plus récents. Téléchargez un "tiré à part" de cet article au format pdf.


Mise à jour : lundi 10.07.2017 0:00. Résolution d’affichage conseillée : 1024 x 768.
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