La MSA
L’élevage est considéré
comme une activité agricole, que ce soit au niveau fiscal ou
au niveau des cotisations sociales.
La loi du 6 janvier 1999 a apporté
des modifications importantes car il existait un certain vide juridique
à combler concernant les cotisations sociales rattachées
au régime agricole.
La pratique régulière de
l’élevage appelle à s’interroger sur le
statut de l’éleveur ainsi que sur le régime social
auquel il doit être soumis, étant précisé
qu’il constitue, la plupart du temps, une activité annexe
à une autre activité principale.
Concernant l’élevage canin,
le principe d’une cotisation de solidarité n’existait
pas avant la loi de 1999 et il était admis que l’éleveur
n’était affilié au régime de la protection
sociale agricole qu’au delà de 1 200 heures par
an, ce qui correspond, en gros, à un travail à mi-temps.
Précisons en effet que, comme dans toute activité agricole
dont l’importance ne peut s’apprécier en terme
de surface d’exploitation ou de volume de production, c’est
le temps passé qui constitue la base de calcul.
Le décret 99-1087 du 21 décembre
1999 a instauré le principe de la cotisation de solidarité
à toutes les activités agricoles, dès lors qu’elles
requièrent entre 150 h et 1 200 h de travail par an. Au
delà, l’exploitant continue à être pleinement
affilié, comme par le passé.
Dans le même temps, la loi du 6 janvier
1999 relative à l’élevage canin dispose que l’on
est considéré comme éleveur dès lors que
l’on produit et vend au moins deux portées par an.
Il en résulte que toute personne
produisant plus d’une portée par an doit donc s’acquitter
d’une cotisation de solidarité auprès de la MSA.
Précisons que le calcul du temps
passé à l’activité canine comprend non
seulement le temps passé avec les animaux mais également
celui à recevoir les clients, faire la comptabilité
et se rendre dans les expositions canines. Ainsi, le franchissement
des 1 200 Heures par an (soit environ 3 heures 15 par jour) est
vite atteint et peut constituer une source de litige.
Montant de la cotisation de solidarité
: cette cotisation qui, comme son nom l’indique, n’ouvre
droit à aucune prestation, est d’environ 16 % du revenu
agricole, auxquels s’ajoutent 8 % de CGS-CRDS, et doit être
payée par toute personne consacrant plus de 150 h par an à
ses chiens soit 25 minutes par jour.
Montant de la cotisation en cas d’affiliation
au régime agricole non salarié : le taux se situe aux
alentours de 40 % (CGS et cotisation professionnelles incluses).
On voit donc bien que la tendance actuelle est de porter l'élevage
vers le haut (du moins au plan quantitatif) et de considérer
toute personne produisant plus d'une portée par an comme un
professionnel (ou, éventuellement, un semi-professionnel pour
celui qui ne paie qu'une cotisation de solidarité). Ce mot
qui est utilisé avec dédain par certains éleveurs
se targuant d'être amateurs doit, maintenant, être appliqué
à tous, sans distinction. Toute connotation méprisante
à l'égard du mot "professionnel" va à
l'encontre de l'esprit de la loi.
Certains commentateurs juridiques voient en effet dans cette loi,
née de la pression de certains syndicats d'éleveurs,
le désir manifeste du législateur de professionnaliser
l'élevage français et d'en faire une entité économique
à part entière. Il en résulte que, par le jeu
des cotisations MSA dûes même en cas de déficit
(comme toute cotisation à caractère social) l'élevage,
anciennement dit "amateur" où il était de
bon ton de ne rien gagner, a fait long feu. On peut déplorer
cette situation concernant l'élevage d'animaux de compagnie
qui ne peuvent, à l'évidence, être traités
comme des animaux de rente, d'autant plus que certains projets donnent
à penser que cette tendance va se renforcer, notamment par
une augmentation des exigences concernant les installations (nurseries,
locaux de mise en quarantaine, etc.).
Le certificat
de capacité
La loi du 6 janvier 1999 impose aux différents
acteurs du monde de l’animal familier, et notamment aux éleveurs
canins (ceux qui élèvent au moins deux portées
par an), d’obtenir une autorisation de fonctionnement délivrée
par l’administration préfectorale. Cette autorisation
s’appelle le certificat de capacité et, dans le cadre
d’un élevage canin, il est nécessaire qu’au
moins une personne en contact avec les animaux en soit titulaire.
Avant d’entamer les démarches
permettant d’obtenir ce certificat de capacité, l’exploitant
devra d’abord s’être déclaré au préfet
et à la DSV et disposer d’installations conformes.
La création de ce certificat a pour
objectif principal de décourager un certain nombre de particuliers
de faire reproduire leurs animaux sans en évaluer les conséquences
au niveau du placement et des soins à apporter aux animaux.
Les mesures visent donc à sélectionner les véritables
professionnels ou des particuliers consciencieux et sensibles à
la qualité et au respect de l’animal et à décourager
ceux qui souhaiteraient faire reproduire sans en évaluer les
conséquences.
Sont dispensés de l’obtention
de ce certificat de capacité, aux termes du décret du
23 octobre 2000, alinéa a de l’article1er, ceux qui peuvent
justifier d’au moins trois années, continues ou discontinues,
d’activité principale salariée ou indépendante,
en rapport avec l’activité pour laquelle l’octroi
du certificat de capacité est sollicité.
Pour ceux qui ne remplissent pas les conditions
énoncées ci-dessus, des stages de formations sont organisés
par la SCC et la Société Francophone de Cynotechnie.
Ils sont suivis d’un contrôle des connaissances et de
la délivrance d’une attestation de réussite que
le stagiaire est admis à faire valoir auprès des services
préfectoraux.
À titre informatif, les différents
thèmes évoqués sont : le logement, l’alimentation,
le comportement, la reproduction, les soins et principales urgences,
la réglementation, la génétique et les principales
maladies et prophylaxies.
Démarches
administratives relatives à l'implantation d'un élevage
On distingue trois sortes d’élevages
:
- L’élevage familial
comprenant entre 3 et 10 chiens sevrés : il doit faire l’objet
d’une déclaration à la Direction Départementale
des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS).
Avec plus de 10 chiens sevrés,
l’élevage entre dans le cadre des installations classées.
- De 10 à 50 chiens sevrés,
l’élevage est soumis à déclaration avec
déclaration d’établissement en préfecture.
- Plus de 50 chiens sevrés
: l’établissement est soumis à autorisation et
le préfet demande au tribunal administratif de nommer un commissaire
enquêteur qui devra conduire une enquête publique. Les
riverains devront avoir connaissance du projet par voie d’affichage
et pourront s’opposer au projet en exerçant un recours
administratif.
La fiscalité
L’élevage relève de
plein droit du régime des activités agricoles car il
s’inscrit dans le cycle biologique de croissance de l’animal.
Le régime d’imposition dépend des recettes de
l’élevage calculées sur deux années consécutives.
- L’imposition forfaitaire est le régime de droit commun si les recettes ne dépassent
pas une certaine somme (environ 35 000 euros) et il prend en
compte le nombre de lices en âge de reproduire détenues
par l’éleveur.
- Le régime du « réel simplifié » est le régime le moins contraignant et le plus avantageux
si l’éleveur a beaucoup de frais. Il oblige, bien entendu,
à la tenue d’une comptabilité, notamment la tenue
d’un livre des recettes et des dépenses avec conservation
des factures. Il permet le report des déficits sur les résultats
des 5 années suivantes ou l’imputation du déficit
sur les 5 années à venir, selon l’importance du
revenu.
- Le régime du réel
normal est obligatoire au-delà de 275 000 euros environ,
ou optionnel en dessous.
©O. B.
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